Conférence 2012 - publication 2013




Avant-propos

Cette publication à été réalisée dans le cadre des activités du projet « Promouvoir des approches participatives multi-institutionnelles pour la bonne gouvernance des ressources naturelles collectives dans les sociétés post-conflits des grands lacs en Afrique » et auxquelles plusisurs institutions ont été associées dans la conduite de sa planification ou dans son exécution. Ce projet, exécuté par deux Organisations non gouvernementales, notamment la Plateforme DIOBASS au Kivu et ADISCO au Burundi a été financé par le Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI) du Canada que nous remercions sincèrement. C’est à l’issue de la Conférence internationale tenue à Bukavu du 6 au 8 février 2012, et centré sur le thème: « Gouvernance des Ressources Naturelles Collectives : opportunités, défis et perspectives », qu’est née l’idée de publier cet ouvrage, avec le soutien financier de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF). Cet ouvrage contient 14 articles dont la plupart ont été présentés à la Conférence ; d’autres ne l’ayant pas été faute de disponibilité des auteurs ou de places disponibles pour les présentations orales. Nous remercions sincèrement son Excellence Monsieur le Gouverneur de la Province du Sud-Kivu pour sa participation personnelle, les différents auteurs pour leur contribution et disponibilité lors de la révision des articles présentés.

Notons que 19 autres articles présentés oralement à la conférence ou non font l’objet d’un autre ouvrage en préparation qui sera publié ultérieurement grâce au soutien financier du CRDI/Canada.

Nous nous faisons le devoir de remercier, de manière particulière, l’AUF qui a pris en charge une partie des participants à la conférence ainsi que la publication du présent ouvrage, au travers son programme de soutien aux manifestations scientifiques aux Universités membres. Dans le cas d’espèce, le soutien financier de l’AUF a été accordé à l’Institut Supérieur de Développement Rural (ISDR-Bukavu), impliqué comme coorganisateur de la manifestation. Ainsi, l’ISDR/Bukavu exprime ses remerciements auprès de l’AUF. De manière plus personnelle, l’ISDR/Bukavu exprime sa gratitude à Monsieur Jean-Paul MORTELETTE, Directeur de l’Antenne de l’AUF Grands Lacs pour son implication personnelle et, aux différents soutiens accordés pour le renforcement du partenariat inter-institutionnel au sein de la région des pays des grands lacs africains. Ce travail en est un produit!

Enfin, nous ne pouvons pas tourner cette page sans exprimer notre reconnaissance envers les organisations ADISCO et DIOBASS ainsi que les chercheurs des institutions universitaires locales (ISP Bukavu, ISDR Bukavu, ULPGL, UEA, …) pour avoir travaillé ensemble jusqu’à la rédaction du présent ouvrage.



Préface

En réponse à la crise multisectorielle qui secoue la région des pays des grands lacs africains depuis 1994, plusieurs rencontres nationales, régionales et internationales ont été organisées pour tenter de mettre fin aux conflits politiques, militaires et intercommunautaires de la région. L’accent mis sur la recherche de solutions à ces problèmes a fait oublier d’autres défis communs auxquels font face la République Démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi. Parmi ces défis, la gouvernance des ressources naturelles collectives en est un qui, au-delà de générer les conflits, menace l’écosystème jusqu’à provoquer des perturbations climatiques brusques, de l’insécurité alimentaire, des déplacements massifs des communautés, des surpopulations urbaines, de la destruction des habitats naturels jusqu’à la disparition de certaines espèces animales et végétales inféodées à la région.

Le présent ouvrage est un compte- rendu des résultats d’une recherche-action participative sur la gouvernance des ressources naturelles collectives des écosystèmes fragiles dans la région des grands lacs africains. Les mérites de cette publication sont d’avoir mis l’accent sur l’approche participative et multi-institutionnelle de la gestion des (agro-)écosystèmes de la région et d’avoir brisé le fossé existant entre les paysans, les chercheurs scientifiques et les organisations non gouvernementales pour un échange d’expérience et un apprentissage mutuel. Les expériences traditionnelles et modernes de conservation de l’écosystème ont montré la nécessité de la collaboration entre les paysans pratiquants, les scientifiques et les gouvernants pour une gestion rationnelle et durable.

Les études explicatives présentées dans la première partie du livre esquissent les acteurs, les facteurs et les enjeux de la dégradation des ressources naturelles existants à partir des mouvements des populations, de l’exploitation minière, de la commercialisation du bois et de l’utilisation des terres agricoles. Ce qui sous-entend la nécessité d’une nouvelle et commune compréhension de la gouvernance des ressources naturelles, favorisant une gestion durable de l’environnement et de l’écosystème.

Les études factuelles regroupées dans la deuxième partie du livre sont des études de cas qui présentent des modèles de gestion durables des ressources naturelles tels qu’expérimentés sur le Mont Lubwe, à Madina Oula-Guinée ou encore sur la forêt d’Itombwe et du Bushema avant de rappeler la place et le rôle de l’évaluation environnementale dans le processus de gestion durable et de réhabilitation des ressources naturelles. Tous ces modèles, loin d’être contradictoires, militent pour une synchronisation complémentaire entre les modèles traditionnels, modernes et mixtes de gestion des ressources naturelles. D’où la thématique de la gestion « collective » et « participative » des ressources naturelles dans la région. Les expériences des modèles paysans burundais et congolais fécondent et nourrissent les expériences modernes de gouvernance des ressources naturelles sans que la collaboration entre chercheurs et paysans agriculteurs n’en soufre.

L’ouvrage contient, de ce fait, une partie stratégique proposant la participation communautaire comme modèle par excellence de gestion rationnelle et durable des ressources naturelle dans la région. Qu’il s’agisse de la gestion des forêts du mont Rwaga en collectivité chefferie de Burhinyi, de la gestion des marais en collectivité chefferie de Ngweshe ou du cas de l’Institut National de Conservation de la Nature, l’implication des communautés locales s’est avérée une stratégie efficace pour la gestion durable des ressources naturelles collectives.

Pour réussir, cette implication des communautés doit être inclusive, intégrant le genre pour une appropriation, à long termes, des modèles de gestion jugés pertinents. C’est pourquoi, la dernière partie consacrée à la technologie alternative pour une gestion des ressources naturelle met en valeur l’intégration des pratiques et savoirs locaux comme facteur incitateur de regroupement paysan pour la gestion des ressources naturelles collectives. Cette reconnaissance des savoirs locaux est l’une des meilleures manières de rompre avec la perception périmée selon laquelle les paysans n’ont rien à apprendre aux scientifiques qui doivent, en tant que détenteur du monopole du savoir, « tout » apprendre aux paysans « ignorants ».

C’est à cette condition de reconnaissance mutuelle en vue de complémentarité entre paysans, scientifiques, organisations non gouvernementales et gouvernants que peut être possible une durable gouvernance des ressources collectives des écosystèmes fragiles dans la région des grands lacs africains.

Professeur Kitoka Moke Mutondo

Spécialiste en Ethique Politique

Directeur du Centre Interdisciplinaire de Recherche en Ethique




Le
livre a été publié avec la collaboration de

Mwapu Isumbisho

Karhagomba Balagizi

Mulume Mapatano

Deogratias Niyonkuru