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Médecine naturelle



L’Impact de la médecine naturelle dans une région de guerre,

cas du Kivu, est de la

République Démocratique du Congo


par Innocent Balagizi Karhagomba

Titre: Attaché de Recherche


Organisation: Centre de Recherche en Sciences Naturelles, CRSN, Lwiro

Email: balkarh@yahoo.fr Tél: (+243) 0998676864

RESUME

Les situations de guerre que le Kivu a traversée ont permis aux communautés locales de mener une démarche de recherche-action basée sur le partage des connaissances sur les plantes médicinales, de renforcer les capacités locales pour la promotion du savoir local autochtone en vue de satisfaire les besoins d’approvisionnement en médicaments. Et, actuellement, il existe une harmonie dans la collaboration entre la médecine traditionnelle et moderne. Il convient donc aux acteurs de santé de documenter et promouvoir le savoir local par une expérimentation participative en vue de promouvoir la pharmacopée traditionnelle et l’orienter vers le marché.


INTRODUCTION

Les guerres de 1998 ont endommagé le secteur sanitaire au Sud-Kivu, rendant quasi impossible l’accès aux médicaments modernes pour les populations, soit à cause de leur coût prohibitif soit par leur rareté dans les formations sanitaires existantes.

Face à cette crise socio-économique et politique, il fallait trouver une solution rapide et efficace, ensemble avec les communautés locales. Les populations se sont lancées sur la démarche de recherche-action à travers la valorisation du Savoir local pour les soins de santé, avec l’acccompagnement méthodologique de ANAMED, dont nous dirigeons le programme.

Et, actuellement la Médecine traditionnelle cohabitent pacifiquement avec la médecine moderne.

L’on peut évaluer l’impact de la promotion de la médecine traditionnelle dans une situation de la guerre, à travers certains paramètres: existence des centres de phytothérapie fréquenté aussi bien par les professionnels de santé, lancement des programmes de formations académiques des étudiants sur les plantes médicinales, intégration de la phytothérapie dans la formation des infirmiers, existence des unités de recherche sur les plantes médicinales locales dans le traitement des maladies spécifiques: malaria, les maladies gynécologiques, le VIH/SIDA,….tels sont des résultats observables et quantifiables entre 1998 et 2007.


METHODOLOGIE DE TRAVAIL

La vision étant de promouvoir la médecine naturelle pour une compétitivité et le lien avec le marché, nous avons adopté la méthodologie suivante:

- Organisation des groupes des tradipraticiens à travers les activités de partage horizontal de savoir et échanges des experiences: formation continue et renforcement de leur capacité organisationnelle.

- Organisation des groupes de base pour l’utilisation des plantes médicinales ( Eglises, Villages, Congrégations des Religieux, …)

- Collaboration avec l’Inspection de la santé du Sud-Kivu et Nord-Kivu pour

l’intégration des la médecine naturelle dans les secteurs sanitaires: échanges des informations, participation aux réunions de planification, organisation des journées africaine de médecine traditionnelle, de malaria, étude clinique de l’efficacité de l’Artemisia annua contre la malaria, intégration plante médicinale et lutte contre le VIH/SIDA

- Mise en route des programmes académiques de médecine naturelle dans le Instituts techniques médicaux et les Universités.

- Organisation des jardins et cultures des plantes médicinales: introduction et vulgarisation de nouvelles espèces, ex. Quinoa, Artemisia annua, Moringa oleifera, Azadirachta indica,..

Tout ce travail a été rendu possible avec l’Appui technique et matériel de ANAMEDinter nationbal, du Club amical Zaire-Allemagne et de l’Institut allemande des Missions médicales de Stuttgart.


RESULTATS

- Plus de 50 utilisateurs traditionnels des plantes médicinales distribués dans chaque territoire


MWENGA      FIZI        KALEHE       BUKAVU                WALUNGU

     10              9             4                  25                            5


Chaque tradipraticiens a une maison de soins dans laquelle il reçoit et traite de malades.

  • Institutions intégrant la phytothérapie dans la formation des Etudiants


Institutions       Localisation    Programme      Début        Nbre de lauréats

IEM/Virunga           Goma             3 ans               2000          250 dont 60 actifs

ULPGL                  Goma             1 an                 2002            60 étudiants

USK                     Bukavu            3 ans               2002           200 étudiants

Voir module de formation en annexes

- L’Artemisia annua est integré dans la lutte contre la malaria et la culture se fait autour des familles

  • Intégration de s plantes médicinales dans la prise en charge des malades du SIDA.

Une enquête menée récemment, il se montre que 53 maladies pour lesquelles les malades viennent fréquemment dans les maisons des soins:

- Amenorrhée

- Amibiases

- Amygdalite

- Annexites

- Ascite

- Avortements répetés

- Bronchite asthmatiforme

- Cardiomégalie

- Carie dentaire

- Cirrhose de foie

- Civubo “ gastro-entérite”

- Cystite

- Dermatoses

- Diabète sucré

- Epilepsie

- Filariose

- Gastrites

- Gingivites

- Hémiplégie

- Troubles hépatique

- Hépatite amibienne

- Hernie inguinale

- Hernie ombilicale

- Hypertension

- Impuissances sexuelles

- Inflammation du nerf sciatique

- Intoxications alimentaires

- Kyste d’ovaire

- Leucorrhées

- Migraines

- Myome utérin

- Obésité

- Polypes nasaux

- Prolapsus rectal

- Prolapsus utérin

- Prostatite

- Règles douloureuses

- Rhumatisme

- Sinusite

- Splénomégalie

- Stérilité

- Toux sèche

- Ulcères gastro-duodénales

Ils sont soit recommandés par des médecins traitants soit par leurs propres jugements. Ces maladies rencontrent généralement des obstacles de traitement au près des institutions sanitaires officiels.

Les scores de fréquences et les plantes sont en analyses maintenant et figureront sutr le « power point presentation ».

Les plantes médicinales utilisées pour traiter ces maladies seront présentées en annexes.

Il revient donc d’approfondir la documentation sur les causes réels et le traitement administré par les herboristes locaux ; et l’on pourra fixer un pont de collaboration et, ainsi redéfinir une autre politique sanitaire plus adaptée et plus efficace.


PERSPECTIVES


PERSPECT

- Renforcement des capacités des tradipraticiens pour une compétitivité pour le marché

- Encouragement des coopérations entre Universités et Tradipraticiens: envoi des stagiaires

- Création des centres pilotes de phytothérapie modernes orientés vers la recherche clinique, la formation et la production des médicaments

- Constituer la pharmacopée traditionnelle du Kivu

- Mener une étude systématique sur l’impact socio-économique de la médecine traditionnelle au Kivu

- Protection des plantes médicinales endémiques ou rares par la loi.





Des Echanges sur les plantes médicinales et la formations des Etudiants



La forêt est une Ecole africaine



Les femmes sont très actives pour la promotion de la médecine par les plantes



Des familles s’investissent dans la production des Artemisia annua pour les soins de leur famille. Y

compris les professionnels de santé.


Expériences de la Plantation d’Artemisia annua au Kivu et le besoin d’une co-opération


Le paludisme constitue le facteur majeur de morbidité et de mortalité de la population humaine au Kivu (Est de la République Démocratique du Congo). Dans cette partie du monde, plusieurs facteurs handicapent la lutte contre le paludisme, notamment:

- la pauvreté générale de la population liée aux crises politiques, et qui empêchent l’accès aux médicaments modernes appropriés.

- Le manque d’éducation suffisante sur les accès paludiques et le traitement du paludisme

- L’enclavement géographique de certaines régions (pas de route, pas de vol d’avions réguliers) empêchant l’approvisionnement des hôpitaux ruraux en médicaments

- le manque de politique d’aménagement environnemental, entraînant l’occurrence de nombreux gîtes favorables pour les larves des moustiques ( épandage des ordures non contrôlées, présence des marais non draînés)

- La chimiorésistance du paludisme aux médicaments modernes essentiels, p.ex la chloroquine vient d’être exclue tout récemment de la liste des antipaludéens à utiliser dans les centres de santé du Kivu.

- La rareté de la quinine (l’antipaludéen le plus universel) dans les pharmacies et centres de santé.

Alors, cette situation nous a stimulés depuis 1996, en collaboration avec ANAMED international (Schafweide 77, 71364 Winnenden, Allemagne) et le Centre de Recherche en Sciences naturelles (CRSN, Lwiro, Sud-Kivu, R.D.Congo) où nous travaillons, à mener la recherche-action sur les plantes antipaludiques en vue d’aider les populations du Kivu, ceci en partant d’abord de la Pharmacopée traditionnelle africaine.

Le manque de laboratoire adapté et la documentation suffisante sur les effets secondaires des plantes locales nous a conduits alors à focaliser notre attention sur la Plante chinoise Artemisia annua.

En novembre 1997, après la participation à un Séminaire de Médecine naturelle en Ouganda organisé par Uganda Community Based Health Care Association (UCBHCA) à Kisubi, Entebbe, nous avons eu la chance de prendre connaissance l’Artemisia annua et d’obtenir quelques semences pour Essai culturale.

L'Artemisia annua a été ainsi introduite et vulgarisée dans la région du Kivu depuis novembre 1997 par l'initiative de Mr. Innocent Balagizi, membre effectif de ANAMED International (Action Nature et Médecine) et chargé du programme de médecine naturelle au Sud-Kivu.

Avec la collaboration du Centre de Recherche en Sciences Naturelles (CRSN) de Lwiro, du Centre de Recherche et de Documentation Africaines (CERDAF) de Bukavu et de la coordination médicale des Eglises du Christ au Congo /Sud-Kivu, nous avons effectué les premières tentatives de multiplication en cultures des plantules d'Artemisia annua et des essais cliniques de l'efficacité de la tisane d'Artemisia annua contre la malaria.

En 2000, nous avons organisé une étude clinique randomisée pour comparer l'efficacité de la tisane d'Artemisia annua par rapport à la quinine et la chloroquine, en collaboration avec l'Inspection provinciale de santé du Sud-Kivu, l'Institut allemand des missions médicales (DIFAM) et les Zones de santé de Bukavu et Nyangezi.

En 1998, l’Université de Tübingen en Allemagne, par le biais de professeur L.Heide, nous a facilité l’analyse des feuilles et la tisane médicinale de l’Artemisia annua qui poussait au Kivu en vue d’en doser la teneur d’Artemisinine.

Observation: les feuilles de chez-nous contenait 0,72% d’Artemisinine, alors que celles des plantations européenne (en Suisse) en contenaient 0,58% et celles de la souche originelle vietnamienne en contenaient 0,2% !

Ceci nous a davantage motivés pour continuer la recherche.

Concernant la tisane elle se prépare comme suit: Verser 1 litre d’eau en ébullition sur 5 g des feuilles sèches ( le séchage se fait à l’ombre pendant 4 jours et le dernier jour sous le soleil).

Bien couvrir la tisane et la laisser reposer pendant 15 minutes, puis filtrer. Boire 250 ml, 4 fois par jour pendant 7 jours.

Enfants de 30 kg, 125 ml x 4/j pendant 7 jours

                 15 kg, 65 ml x 4/j pendant 7 jours

                   7 kg, 38 ml x 4/j pendant 7 jours

Les feuilles sont cueillies au début de la floraison, période à laquelle la teneur de l’Artemisinine dans la plante est maximale. Alors le suivi des plantes par des jardiniers consciencieux était de grande nécessité pour éviter les erreurs de récoltes et de préparation des doses curatives.

Les analyses de la tisane ont révélé la présence de 40% d’Artemisine ( l’Artemisinine est peu soluble dans l’eau). Cependant son efficacité dans le traitement de la malaria est liée à l’effet combiné des plus de dix autres dérivés de l’Artemisinine (ex. Arteanuine A) et des flavonoïdes disponibles dans les feuilles.


PREPARATION ET ADMINISTRATION DE LA TISANE CONTRE LA MALARIA

Récolter les feuilles sur un plant présentant déjà des boutons floraux. Les sécher à l'ombre pendant 3 jour puis au doux soleil au 4ème jour.

Verser 1 litre d'eau bouillante sur 5 g de poudre de feuilles séchées d'Artemisia annua dans un récipeient en plastic ou en verre. Remuer fortement le mélange, puis fermer hermétiquement pedant 20 minutes. Filtrer.

Adminitration: adulte de 60 kg: 250 ml x 4/jour pendant 7 jour


B. CONCERNANT LA SECURITE DE LA TISANE

Les études expérimentales ont montré la neurotoxicité chez les rats et les chiens, pour les produits pharmaceutriques administrés sous des doses six fois élevées.

Cependant, pour la tisane d'Artemisia annua administree aux rats, les travaux de recherche de ANAMED ont révélé que sa toxicité est trop faible, car même par injection intrapéritonéale la dose létale s'est manifestée au-délà de 3g/kg.

Aujourd'hui la tisane d'Artemisia annua est utilisée par certains centres de santé en RD.Congo, Tanzanie, au Soudan. Et les observations cliniques de nos collaborateurs n'ont pas encore signalé des effets secondaires sérieux.


C. CONCERNANT L'EFFICACITE DE LA TISANE

Les Etudes cliniques effectuée à Lwiro et Bukavu en 2001-2002 sur un lot de 180 patients volontaires et ayant répondu aux critères de sélection, ont révélé une efficacité de la tisane de 5 g/l de 77,5%, avec un taux de recrudescence de 48,6 %. Pour minimiser les problèmes de recrudescence, nous recommandons que les malades prennent le jus de pamplemousse au cours du traitement en vue de renforcer la bio-disponibilité de de l’artemisinine.


D. CONCERNANT LA CULTURE ET QUALITE DE LA PLANTE

Les essais culturaux de l’Artemisia annua au Kivu dans la région de Lwiro et Bukavu ont montré les performances suivantes: Taille maximum, 3 mètres et minimale 1 m, avec une floraison retardée à 7-8 mois. Ce qui est positif, parce que une plantation qui fleurit tardivement produire plus de feuilles; et il est à noter que les feuilles constituent la matière médicinale. Est ainsi, avec cette première plantation nous avions recolté en Août 1998, 4 kg de feuilles sèches d’Artemisia qui nous ont permis à soigner 154 malades souffrant de malaria.

Si les exigencies culturales de l'Artemisia sont respectées, un plant d'Artemisia produit seul en moyenne 100 g de feuilles séches, ce qui assure les soins de 7 malades souffrant de la malaria. un terrain de 10 m x 10 m supporterait aisément 120 pieds et produirait ainsi 12 kg pour supporter un minimum de 300 malades souffrant de la malaria.

Cependant la culture de Artemisia annua appauvrit les sols et nécessite ainsi une étude pour l’association avec des plantes améliorantes des sols, comme le tithonia, le tephrosia,…


NIVEAU D'INTEGRATION DE L'ARTEMISIA ANNUA AU KIVU

Depuis l’an 2000, la demande de la tisane d'Artemisia annua contre la malaria va croissant tant en milieu urbain que rural du Kivu. Des communautés diverses font de petits jardins pour la production d'Artemisia. Des demandes de semences en provenance des différents coins du Kivu sont enrégistrées pour la pproduction locale des feuilles.

Le Bureau d'inspection provinciale de la santé du Sud-Kivu encourage les travaux de vulgarisation de l'Artemisia annua, comme une voie de lutte contre le paludisme.

Nous sommes heureux de trouver qu’au niveau des Inspections Provinciales de santé du Kivu, la tisane d’Artemisia annua est acceptée comme un médicament contre le paludisme, bien sûr après cette étude clinique poussée, au cours de laquelle nous avions comparé l’Efficacité de la Quinine, la Chloroquine, la tisane d’Artemisia sur des 162 malades suivis dans différents centres de santé.

Actuellement nous recevons plusieurs demandes individuelles de poudre d’Artemisia annua, ou des semences pour la malaria.

Les malades souffrant du SIDA qui ont essayé de prendre cette tisane contre les fièvres ont trouvé le soulagement et, constituent pour le moment un bon groupe de demandeur d’Artemisia annua.

Nous possèdons des petits jardins de production de la semence d’Artemisia annua qui en fait ne suffisent pas pour fournir assez de biomasse des feuilles pour soigner les malades.


IMPACT ECONOMIQUE

Le traitement à l’aide de l’Artemisia reste très efficace et sans effet secondaire comme pour la Quinine où l’on retrouve la nausée, le bourdonnement des oreilles, l’asthénie, le dérangement de l’estomac pour ceux souffrant de la gastrite.

L’association de l’Artemisia et l’agriculture pourrait être une piste pour la promotion socioéconomique des paysans.

* Alors, certains membres de l’organisation paysanne comme ADEA, témoignent que cette plante

les aide aussi bien que pour tous les ménages de plus de 42 personnes pour se soigner gratuitement contre la malaria.

L’Argent qui été alloué à l’achat de la quinine est utilisé pour la prime scolaire des enfants.

Or, dans les ménages, la fragilité s’était installé suite à cette maladie vivant près des marais.

L’Artemisia, plante d’espoir car vivant dans les coins où survivent les moustiques anophèles.


PERSPECTIVES

- Disponibiliser les feuilles d’Artemisia annua pour un usage plus rationel en fonction des demandes

- Contribuer au soutien du programme de lutte contre la malaria “ ROLL BACK MALARIA”

- Promouvoir l’autoprise en charge des populations locales dans le traitement de la malaria

- Créer un cadre de l’Education environnementale dans la lutte contre les maladies tropicales majeures.


BESOINS IMMEDIATS

- Organisation d’une grande plantation d’Artemisia annua

- Construction d’un Centre pilote de Phytothérapie moderne



EXPERIENCE DE L’ORGANISATION PAYSANNE ADEA, (asbl),Sud-Kivu, RDC

L’Artemisia annua , Culture, technologie dans la lutte contre la malaria

Introduction

Le milieu dans lequel se trouve notre rayon d’action, à savoir le groupement de Bugorhe, Bushumba, Rwabika, l’île Iko, Irhambi/Katana sont des lieux endémiquse à la malaria, suite aux marais, étangs piscicoles, marécages qui sont des gîtes de moustique.

Les populations y sont fragilisées par suite de la malaria quoi que subissant des soins médicaux, soit à l’Hôpital de Référence de la FOMULAC/Katana, soit chez CEMUBAC/Lwiro, soit dns des centres de santé dispercés dans cette contrée.

L’argent venant de vente des récoltes, des animaux d’élevage, sert en premier lieu de s’acquitter des frais de soins médicaux pendant que d’autres attentes restent en souffrance telles: la prime pour la scolarisation des enfants, l’habillement, la ratio alimentaire journalière.

En 2001, nous avons reçu de la part d’ANAMED (Action Médecine Nature), par son consultant à l’Est du Congo, Monsieur Innocent Balagizi Karhagomba, la semence d’Artemisia que nous utilisons dans notre association pour les soins de nos membres. En voici toutes les méthodologies de culture jusqu’à la production des médicaments :


1. Le sémis des grains d’Artemisia

Les grains étant très fin et légers, le semis par terre ou dans le sol direct n’est pas bon. On utilise un bassin en plastic dans lequel on met la terre et le fond perforé ; cela pour essuyer de l’eau.

On y ajoute une terre venant de compost à la surface, après on fait le sémis ; cela en moins d’un centimètre de profondeur. La terre venant du compost permet à l’Artemisia anua qui germe d’avoir une vigueur dès la germination.

De peur que la pluie ne vienne faire de splaches en tombant, ou casser les plantules qui germent, on utilise soit un autre bassin comme couvercle, soit un caoutchouc mais tout en tenant soin de laisser aérer la culture en place. L’arrosage se fait deux fois par jour; c.à.d. matin et soir cela jusqu’à la germination qui intervient entre trois et quatre jours après semis. On peut aussi utiliser un bac en bois comme milieu de germination. Mais il faut éviter trop d’humidité car il peut gâter les racines des jeunes plants (fonte de semis causée par les champignons pathogènes).


2. Préparation du terrain pour répiquage

Après avoir labouré profondement la terre, on y fait des trouaisons distante l’une de l’autre de 1,5 m. s’en suit de mettre par trou, deux prises de deux mains de terre de compost, puis la terre ordinaire, ensuite rémuer comme pour mélanger les deux types de terre (terre-compost). Attention, nous conseillons l’utilisation de l’engrais naturel et non chimique. Cela permet à l’Artemisia qui a des petites racines de vite s’installer et de croître rapidement. La jeune plante ca alo rs développer un grand feuillage ce qui importe pour la production d’une grande quantité de poudre à la récolte.


3. Entretien

L’Artemisia ne supporte pas les mauvaises herbes. Ainsi, il lui faut un entretien régulier et surtout, le buttage, c.à.d. mettre la terre autour du pied, au collet ; cela pour maximiser la fertilisation. En sarclant, vérifier des plants qui sont chétifs, les arracher ainsi que ceux qui fleurissent avant 4 mois car ils le font par stress.


4. Récolte

L’Artemisia bien entretenu donne une bonne verdure, une taille de 2 m vers le quatrième mois. A ce temps, une surveillance s’avère important au champ. Cela afin de vérifier les plantes qui veuillent fléurir. Vers la 2e quinzaine du 6e mois ou au début du 7e mois, on commence par la récolte des feuilles.


5. Procédés de récolte

On prend dans la main gauche, puis effeuiller avec force en agissant de haut en bas le long de la tige avec la main droite. Ne pas faire le contraire car on perd des petites feuilles ainsi que l’on détruit les bourgeons axillaires que l’on pouvait encore récolter dans trois semaines. La récolte se fait pendant les journées ensoleillées entre 10 h et 16h. après avoir récolté les feuilles, il faut les laisser faner sur un morceau de sac, bâche, … pendant 5 à 10 minutes.

Mais attention, le séchage va se faire à frais, c.à.d. étaler dans une maison, ses feuilles sur un morceau de sac, bâche, jusqu’à leur séchage complet.

Etant complétement sechées 4-6 jours, cela en tenant compte des journées ensoleillées. On pile les feuilles dans un mortier propre, on tamise à l’aide d’un tamis à très fines mailles. La poudre se trouve conservée dans un papier kaki mis en un endroit frais et ventillé ou dans un bac en plastic hermétiquement fermé, mettre trois braise au fond et trois au-dessus.

La poudre proviendra des feuilles mieux séchées ; cela pour éviter une teneur en humidité. Cela se faira par un hygromètre.