Regenwald Kongo > Français > Module de Formation des Pépiniéristes

Module de Formation des Pépiniéristes



Innocent BALAGIZI Karhagomba, Ir. Freddy MULENGA , Ir. BAGALWA Bahati, avec la collaboration de Bosco BARHAME M. et Emmanuel BISIMWA Mulashe

Novembre 2010

Tables de matières

Introduction générale 

Chapitre 1. L’importance de l’arbre

    1. Les Avantages de l’arbre

    2. Les désavantages de l’arbre en agriculture

    3. Les Ennemis de l’arbre

Chapitre 2. La lutte contre l’érosion

2.1. Les effets des pluies sur le sol

2.2. Techniques de lutte contre l’érosion

Chapitre 3. Les techniques de reboisement 

3.1. Notion de l’agriculture durable

3.2. Les arbres à intégrer

3.3. Choix des stations

3.4. La formation des pépiniéristes

3.5. Préparation du germoir

3.6. Traitement des semences

3.7. Le Semis

3.8. La Pépinière forestière

3.9. Le repiquage

3.10. Travaux d’entretien en germoirs et pépinière

3.11. Matériel nécessaire et équipement

3.12. Mise en plantation définitive

3.13. Entretien des arbres

3.14. Planning des travaux

3.15. Des espèces à intégrer et usages

Chapitre 4. Création et entretien d’un verger

Chapitre 5.Techniques de greffage

Conclusion

Bibliographie

Annexes 


INTRODUCTION GENERALE

La région des pays des grands lacs qui regroupe le Rwanda, Burundi et l’Est du République Démocratique de Congo se caractérise par les conditions agro-écologiques particulières, telle que une combinaison des types de sols tropicaux, le climat, la topographie et la pression démographique rend le sujet de l’agroforesterie plus pertinente dans cette région que dans d’autres régions africaines.

Dans ces régions, on distingue essentiellement trois types de sols, dont le degré de dégradation est différente (les sols fersiallitiques, les sols ferrugineux et les sols ferralitiques): ces deux derniers, sont des sols fréquents dans cette région et sont généralement très acides (les valeurs de pH varient entre 4 et 5), carencés en Phosphore et Azote et, aussi pauvres en cations basiques (Ca et Mg). Et, de manière globale, ces types de sols retiennent peu d’eau et de nutriments pour assurer une bonne productivité agricole (Molenaar et al, 2008).

Dans cette région, la matière organique reste souvent superficielle et sauf exception subit une biodégradation rapide. Aussi, on observe qu’à la base des profils des sols sont concentrés des oxydes de fer et autres composés minéraux faiblement absorbables par les plantes.

Les précipitations sont généralement élevées et intensives ce qui a pour conséquence d’entraîner l’altération élevée et le lessivage des bases et la silice par drainage.

Selon Moenaar et al (2008), les températures généralement élevées des régions tropicales favorisent l’intensité des réactions chimiques ceci amène à l’hydrolyse totale (libération des minéraux) avec pour conséquence leur perte par lessivage (lixiviation). La température joue aussi un rôle important sur les mécanismes biochimiques en influençant l’activité des microorganismes dont le rôle très important dans la minéralisation de la matière organique.

Donc, le sol devra être suffisamment aéré (grâce à la matière organique) pour ne pas inhiber cette activité.

La topographie par des pentes assez fortes, joue un rôle important notamment dans le rajeunissement des sols et dans l’entraînement latéral et vertical des éléments solubles, libérées par l’altération.

La région des grands lacs de l’Afrique Centrale est caractérisée par une très forte densité et croissance démographique. Le taux de croissance est l’un des plus élevé du monde (3,7 % en général). En conséquence, la taille moyenne des exploitations diminue dangereusement, en général, elle est inférieure à 1 ha.

Ces caractéristiques agro-écologiques et socio-économiques en combinaison avec une exploitation continue des sols agricoles entraînent plusieurs contraintes pour la mise à valeur de ces sols:

  • leur réserve en bases devient de plus en plus faible et même nulle:
  • leur structure devient médiocre faute d’argile apte à former des agrégats (la kaolinite devient dominante) et faute de la matière organique du sol:
  • ils sont de ce fait sensibles à la battance et à l’érosion:
  • leur capacité de fixation et d’échange devient de plus en plus faible à mesure que domine la kaolinite et donc les risques sur le lessivage augmentent:
  • la fertilité chimique et biologique limitée dans les 25 premiers cm:
  • les phosphates subissent une insolublisation sous l’effet des oxydes de fer et d’alumine en milieu acide:
  • l’acidité et l’acidification ont des effets toxiques sur les plantes et diminuent l’enracinement:

Ces contraintes ont une influence très négative sur trois défis à relever dans la région:

  • Dégager des surplus agricoles commercialisables pour assurer l’autosuffisance alimentaire dans la région:
  • Développer en même temps l’élevage intensif dans la région:
  • Assurer la satisfaction en bois d’énergie et de construction.

Pour relever ces trois défis dans un tel contexte, il est bien clair que la gestion intégrée de la fertilité du sol (GIFS) et notamment le composant de l’agroforesterie a un rôle important à jouer.

La réhabilitation écologique des terres agricoles par un plan de reboisement favorable à l’agriculture durable (agroforesterie et création des espaces forestiers) et la mise en place des dispositifs antiérosifs sur des sites dégradés est une nécessité incontournable. Ceci est un soubassement des stratégies de lutte contre l’insécurité alimentaire qui s’installe progressivement au sein des communautés autochtones.

Ce travail s’intègre aussi bien dans le Document des Stratégies de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP) national que provincial du Sud-Kivu et répond bien au pilier 2 suivant « Pilier 2: Consolider la relance de l’activité économique; il s’agit de Consolider les secteurs incitateurs de l’activité économique, comme l’agriculture et le développement rural. C’est dans ce cadre que le projet va contribuer dans la lutte antiérosive, le reboisement systématique afin de l’utilisation rationnelle des terres sans lesquelles le Sud Kivu montagneux, en perpétuel conflits fonciers inhérent à la pénurie des terres arables devra constituer une garantie pour la sécurité alimentaire. »

Ce travail s’inscrit totalement dans la logique du projet de « Sylviculture, Nouvelles forêts, Nouveaux foyers » financé par l’organisation LEHREN HELFEN LIEBEN (LHL/Allemagne et exécuté par l’organisation ADMR, en collaborations avec des associations paysannes locales dans le Kivu.

L’idée est objectif général est de « Promouvoir des initiatives locales de reboisement des sites dégradées, et de création des petite forêts artificielles multifonctionnelles pour l’amélioration de l’environnement du Kivu, avec une vision sur l’amélioration des conditions socio-économiques des populations et aussi ramener tant peu soit-elle une réponse paysanne au changement climatique. En effet, L’élément capital pour cette tâche repose sur la formation des pépiniéristes. Et, L’esprit de ce module et de fournir un outil efficace et complet pour la formation du personnel efficace et compétent pour conduire des pépinières agro-forestières et forestières jusqu’à la plantation des arbres sur les sites déterminés.


Chapitre 1. L’importance de l’arbre

Les arbres, jouent un rôle important dans l’intensification agricole. Si les espèces sont bien choisies et gérées, les arbres, ils peuvent créer des conditions qui rendent l’investissement agricole et agroforesterie² plus rentable et plus durable. Si les systèmes d’agroforesterie sont bien conduits contribueront à une augmentation structurelle des revenus futurs et diminuent les risques d’échec de cette intensification. Afin d’avoir les avantages optimaux de l’agroforesterie en fonction de l’intensification agricole il faut stimuler les avantages de l’arbre et aussi bien contrôler la compétition entre l’arbre et les cultures. Ce contrôle dépend de la structure du système d’agroforesterie, les espèces d’arbre et les modes de gestion.


    1. LES AVANTAGES DES ARBRES

  1. Les arbres sont utiles dans la lutte contre l’érosion:

- L’érosion pluviale: C’est l’érosion liée aux eaux des pluies par ruissellement. Les racines et les feuilles mortes des arbres plantées sur un site enrichissent le sol en matière organique. Par conséquent, le sol est stabilisé et sa compaction est réduite. Ceci améliore l’infiltration et la capacité de rétention de l’eau dans le sol et c’est pourquoi l’érosion et donc les pertes d’éléments fins du sol (texture) est freiné et/ou limité.

- L’érosion éolienne: Les arbres servent de brise–vent et abri aux champs des cultures.


2. Les arbres permettent de diversifier les sources des revenus et ainsi répondent à travers leurs productions aux besoins divers de l’homme:

- bois de chauffage et bois de construction

- fourrage

Par leurs biomasses, les arbres assurent

a) l’approvisionnement du cheptel en fourrage même pendant la saison sèche

b) la diversification d’éléments nutritifs pour le bétail.

- tuteurs et perches

- fruits, noix, gomme, huiles végétales

- médicaments


3. Les arbres augmentent la rentabilité agricole et la durabilité de l’intensification agricole.

Associés sur la même parcelle avec les cultures, les arbres offrent à ces dernières de nombreux avantages notamment:

a. Les arbres améliorent l’état de la matière organique du sol : Les racines

Et les feuilles mortes d’arbre améliorent la structure du sol. Cet effet est plus fort quand il s’agit de la matière organique du sol avec une vitesse de minéralisation moyenne. Une concentration plus forte au cours des années de cette matière organique du sol diminue la perte des éléments nutritifs.

b. Les arbres retiennent les éléments nutritifs

Les feuilles mortes incorporées au sol fixent les éléments nutritifs, comme l’azote, le phosphore et le potassium (NPK). Ces éléments nutritifs ne sont pas perdus mais seront rendu disponibles aux cultures lorsque les feuilles se minéralisent. Une fois fixés, les éléments nutritifs ne peuvent plus être lessivés dans la profondeur du sol;

La matière organique du sol composée des feuilles mortes améliore la capacité d’adsorption des cations par une augmentation de la capacité d’échange des cations (CEC). Ceci augmente la capacité de rétention des cations et diminue alors le risque de lessivage pour ces cations. Le pouvoir tampon contre l’acidification et l’alcalinisation est ainsi amélioré.

c. Les arbres améliorent l’infiltration et la capacité de rétention en eau du sol

Les racines et les feuilles mortes des arbres améliorent la structure du sol et ainsi la capacité de rétention et d’infiltration d’eau. Aussi, Les arbres créent des conditions favorables au meilleur enracinement pour les cultures.

Les arbres facilitent l’agrégation du sol à travers l’interaction entre des particules organiques (feuilles et racines mortes) et inorganiques. L’agrégation améliore l’aération et ainsi la croissance racinaire des plantes. Et, un meilleur enracinement des cultures améliore la croissance de ces cultures, la nutrition végétale et de la résistance à la verse.



Fig 1. Le stockage de carbone par les arbres


d
. Les arbres recyclent les éléments nutritifs lessivés dans les profondeurs du sol

Les racines ramènent à la surface les éléments nutritifs entraînés hors de portée des cultures par le lessivage. A travers la minéralisation des feuilles dans le sol, ces éléments nutritifs deviennent disponibles pour les cultures (il n’y a que les arbres qui peuvent ramener ces éléments perdues); Les arbres remontent en surface les cations (Ca, K, Mg) lessivés en profondeur du sol.

A travers la minéralisation des feuilles, les cations remontés, reviennent aux couches arables du sol et diminue l’acidité (il n’y a que les arbres qui peuvent ramener ces éléments perdues).

Les arbres constituent également un stock non négligeable de carbone, à la fois dans leur bois, mais aussi dans le sol qui est enrichi en matières organiques par la décomposition continuelle de leurs racines et feuilles.


e. Les arbres concentrent et sauvegardent les éléments nutritives et les rendent disponibles dans le sol:

L’absorption de P se fait dans les racines des arbres à travers les associations Mycorrhizal. Comme il s’agit surtout de P avec une mobilité très basse (solubilité basse), la disponibilité du P s’améliore à travers la minéralisation des feuilles dans lesquelles le P a été transféré;

La fixation biologique de N se fait par la relation entre les arbres et le Rhizobium Bactérie.

Comme il s’agit souvent de N qui n’est pas disponible aux cultures par leur immobilité, sa disponibilité s’améliore quand les feuilles se minéralisent dans le sol; Le N étant disponible, les microorganismes du sol en profitent pour leur survie et donc leur activité devient intense.

L’absorption de P et la fixation de N par les arbres améliorent la disponibilité des éléments nutritifs pour les cultures et pour les organismes et micro-organismes du sol.

Ces effets positifs de l’arbre augmentent progressivement dans le temps.

A grande taille, les arbres produisent considérablement plus de la biomasse, ramènent plus des éléments nutritifs de la profondeur du sol, et améliorent plus l’état de la matière organique du sol. Cette pérennité donne à l’arbre un grand avantage par rapport aux cultures annuelles.

Les deux figures (2 et 3) suivantes montrent clairement l’importante la place de matière organique produite par un grand feuillage des arbres et aussi la place et le rôle de l’engrais chimique dans le développement des plantations agro-forestières orientées dans le processus de l’intensification agricole


(Source: Molenaar J. W., Kessler J.J. & Breman H., 2008)


Résumé

- Les arbres peuvent répondre aux besoins du court terme (production de fourrage, tuteurs, ..) et du long terme (production de bois et matériaux de construction, lutte contre l’érosion, support à l’agriculture);

- Les arbres permettent une meilleure utilisation des surfaces disponibles;

- Les arbres améliorent les conditions physiques du sol (capacité de rétention d’eau, ameublissement par les racines des couches compactes, influence sur les températures du sol);

- Les arbres améliorent les conditions chimiques du sol (apport en éléments nutritifs, réduction de risque d’acidification);

- Ils ont aussi un effet sur les processus et les conditions biologiques du sol (production de diverses qualités de litière végétale, effet positif sur la faune du sol, etc.).


L’importance de l’arbre dans l’intensification agricole s’explique en quatre étapes:

1. L’utilisation exclusive des engrais chimiques à des effets négatifs à moyen terme : ces effets négatifs peuvent être renversés dans un cycle positif quand la matière organique (et/ou les amendements) est apportée structurellement au sol;

2. Les arbres constituent une source importante en matière organique du sol et jouent un rôle important dans la lutte contre l’érosion;

4. Les effets définitifs de l’arbre dépendent du niveau de sa compétition avec les cultures (c’est-à-dire les effets positifs de l’arbre ne produisent qu’en cas d’un contrôle de la compétition avec les cultures).



1.2. LES DESAVANTAGES DES ARBRES EN AGRICULTURE

Les arbres n’ont pas que des avantages par rapport à l’intensification agricole. Les arbres sont également en compétition avec les cultures notamment pour:

- l’espace: l’arbre avec le tronc et les racines occupe de l’espace cultivable;

- la lumière: l’ombre causé par les couronnes de l’arbre peut diminuer la lumière aux cultures;

- les éléments nutritifs et l’eau: l’arbre utilise des éléments nutritifs et de l’eau au détriment des cultures.

L’utilisation des éléments nutritifs et de l’eau par l’arbre dépend surtout de la photosynthèse et donc de l’ombre, et donc de la compétition pour la lumière;

En plus, les arbres peuvent attirer des oiseaux (granivores) et les insectes qui peuvent véhiculer les maladies.

Les racines de l’arbre peuvent également gêner le labour.

Le défi sera de trouver des systèmes d’agroforesterie où les effets négatifs de l’arbre (compétition) ont compensés par l’effet positif sur l’efficacité des engrais chimiques, le contrôle sur l’érosion, et la production du bois, du fourrage et d’autres sous-produits.

Dans ces cas, une vraie synergie entre l’arbre et l’agriculture se réalise.

Les effets négatifs de l’intégration de l’arbre dans l’agriculture dépendent surtout du

système d’agroforesterie, du choix de l’espèce et de l’entretien de l’arbre.

Avec des mesures de gestion de l’arbre appropriées la compétition pourrait être contrôlée. La compétition ne gène plus quand la production agricole et la production des arbres est stimulé par l’application des engrais chimiques en combinaison avec l’augmentation de la matière organique du sol.


1.3 LES CARACTERISTIQUES DES ARBRES A UTILISER DANS L'INTENSIFICATION

Tenant compte des avantages et des désavantages de l’arbre, il est suggéré que l’espèce de l’arbre dans l’agroforesterie ait les caractéristiques suivantes:


Prioritaires

Un enracinement pivotant/profond (et un tronc unique) pour:

    • Ramener les éléments lessivés à la surface

    • Augmenter la stabilité du sol

    • Diminuer la compétition avec les cultures par les racines latérales


Un recyclage interne efficace pour:

    • un recyclage rapide des éléments lessivés au niveau de l’arbre


Les feuilles avec une vitesse de minéralisation moyenne (riche en lignines et phénols) pour:

    • contribuer à la qualité chimique et physique du sol



Secondaires


Un pouvoir de vivre en interaction avec les mycorhizes (P absorption) et avec rhizobium (N fixation biologique) pour:
    • améliorer la disponibilité des éléments nutritifs aux cultures1

Une production de la biomasse potentielle élevée pour:

    • augmenter la quantité de la matière organique du sol et le bois de chauffe, tuteurs, bois de construction et du fourrage

Une vitesse de croissance relativement rapide pour:

    • avoir les effets souhaités le plus vite possible

Une aptitude comme bois de chauffe et bois de construction bonne pour:

    • pour mieux diversifier les sources des revenus et répondre aux besoins divers


Leçons:

- Pour tirer des bénéfices maximums des arbres comme support dans l’intensification, il faut minimiser la compétition;

- La compétition dépend du système d’agroforesterie, de l’espèce et de l’entretien de l’arbre.



1.4. LES ENNEMIS DE L’ARBRE

Les Ennemis de l’arbre et de la forêt sont de trois ordres, et nécessite être pris en compte avant toute planification d’une plantation forestière :

  • Le Feu dévastateur, particulièrement de la saison sèche. Ce feu est lancé annuellement dans les pays tropicaux soit pour le défrichage, soit pour des



  • raisons de chasses ou de guerres et dévaste de vastes étendues de forêts tropicales dont la régénération exige encore 50 années et plus.

  • Les insectes ravageurs: comme les chenilles, les insectes xylophages, (qui mangent le bois). Pour cela, évitez au maximum les forêts mono spécifiques qui sont souvent les plus vulnérables si un exemplaire est attaqué, les autres en souffrent directement par effet contaminant, et toute la forêt peut être ainsi décimée. Aussi, le manque de sarclage peut entraîner des invasions. Les Epidémies causées par les pullulations des insectes, les virus ou des bactéries

  • La sécheresse et les chocs climatiques, exigeant une diversification des espèces exigeant de besoins différents en eau, lumière, nutriments.

Ces facteurs doivent être contrôlés depuis la conception jusqu’à l’installation de la forêt et le choix des sites et des espèces à cultiver doit tenir compte de ces paramètre. Les espèces les plus adaptives seront tenues en priorités selon le milieu.

CHAPITRE 2. LA LUTTE CONTRE L’EROSION


2.0. Définition de l’érosion.

Elle peut avoir différente définition selon les auteurs :

-l’érosion est le déplacement des composantes ou éléments du sol à la surface de la terre sous l’action de l’eau ou de l’air en mouvement.

-L’érosion peut être définie comme le poids de la terre enlevé par unité de surface par l’eau ou le vent (HENDRIK HOSTE,1996)

-L’érosion est un ensemble de phénomènes caractérisés par la dégradation du relief, le transport et l’accumulation des matériaux arrachés.

-L’érosion du sol est l’entraînement progressif ou brutal sous forme humide ou sèche des constituants de ce sol.

2.1. Les formes d’érosions

On distingue deux grandes formes d’érosions :

-L’érosion pluviale : celle qui est causée par la pluie.

-L’érosion éolienne : celle qui est causée par le vent.

Cette dernière sorte caractérise surtout les régions sahéliennes.

On peut avoir plusieurs types d’érosion pluviale.

1. Le splash

C’est le premier acte de l’érosion du sol résultant de l’action directe des gouttes d’eau qui tombent du ciel quand il plait. Lorsqu’une goutte d’eau pluie tombe du ciel elle acquiert une certaine force à la de sa chute ; cette force est transférée au sol au moment du contact comme la force d’une hauteur marteau transférée dans une pierre que l’on frappe. Plus les gouttes sont lourdes, nombreuses et à une hauteur élevée ; plus grand est le choc ou le dérangement du sol. Ce phénomène s’appelle splash. On peut diminuer son effet par le paillage sur le sol.

  1. Le ruissellement:

  • en nappe : érosion superficielle, se caractérise par un enlèvement progressif et continu de la couche superficielle de la terre sur un terrain en pente.

  • en rigole : sous forme de griffes : l’eau creuse des rigoles et les versants sont marqués des signes en forme de griffes.

  • en ravine : Ici on remarque un creusement profond des terres cultivables.


  1. L’érosion régressive.

Quant l’on observe une cassure nette de pente à la base d’une ravine. Cette cassure progresse sur le terrain en remontant la pente .C’est pour cette raison qu’on l’appelle érosion régressive.

  1. Le mouvement de masse.

Lorsqu’on observe un glissement de terrain, un détachement d’une couche importante de la terre ; un éboulement.

2.2. Les Effets de pluies sur le sol

Quand il pleut sur le sol nu légèrement plat et perméable, une grande quantité d’eau s’infiltre dans le sol. Une autre quantité ruisselle suivant la pente et une certaine quantité s’évapore dans l’atmosphère au moment de l’ensoleillement.

Si la pente augmente, l’infiltration diminue et la quantité et la vitesse de l’eau de ruissellement deviennent importantes.

Sur une forte pente, l’infiltration est très faible, le ruissellement devient très fort; ceci provoque l’érosion du sol.

Entre deux collines de pente forte, il est probable de rencontrer une vallée et une rivière. Cette vallée souffre régulièrement des inondations par accumulation de la terre par les eaux de ruissellement. Et, un sol bien protégé (qui est couvert des arbustes et des arbres), comme par exemple une forêt, réduit les effets de l’érosion. L’eau bien s’infiltrer, cela protège bien le sol contre l’érosion, et est bien disponibilité pour l’Agriculture. Par contre, un terrain non protégé permet à l’eau d’éroder fortement le sol et de causer des sérieux dégâts aux champs, aux maisons et en général à l’Environnement. L’érosion du sol signifie aussi que la couche superficielle de terrain fertile (généralement d’épaisseur de 50 cm) est enlevée par l’eau.

Le sol perd sa fertilité et les récoltes deviennent médiocres.

  • arrêter la perte de la fertilité du sol et augmenter sa productivité

  • améliorer les conditions environnementales du milieu.

Ces deux approches constituent donc les deux significations de la lutte antiérosive



2.3. Comment lutter contre l’Erosion ?

Parmi les différentes méthodes d’intervention pour lutter contre l’érosion du sol, deux semblent être les plus pratiques dans les zones montagneuses du Kivu.

  • Cultures des haies antiérosives d’herbes ou d’arbres

  • Un reboisement intense intégrant aussi autres plantes fixatrices du sol.

Ces techniques sont appliquées en suivant la courbe de niveau.

Dans la lutte contre l’érosion l’essentiel est de faire le traçage des courbes de niveau.

Une courbe de niveau est une ligne qui indique tous les points situés à la même altitude sur une pente. Pour tracer une courbe de niveau on utilise le triangle à pente (clisimètre). Il est constitué de 3 sticks assemblés en triangle, avec une ficelle supportant un poids fixé au sommet du triangle. Une marque au milieu exact du stick transversale indique le trait de niveau.

On trac es courbes de niveau en plaçant des piquets aux pieds du triangle quand la ficelle supportant s’arrête le poids devant le trait de niveau.

L’Utilisation du triangle à pente est exigeante en nombre de personnes et en gestion de temps. On peut aussi utiliser l’altimètre ou une GPS

La méthode facile est celle de déterminer les courbes de niveau en appréciant la pente par une perpendiculaire au bras allongé à partir d’un piquet de référence et en fixant alors la courbe par rapport à l’arc de la main et par l’appréciation visuelle personnelle.


H1 : L exprime le % de la pente

H1


L

La corde d’alignement est utile pour ajuster les points de repère en fixant les piquets.

Après la détermination des courbes de niveau et l’appréciation de la pente, on peut alors appliquer les différentes méthodes antiérosives:

Distance entre 2 courbes de niveau

Pente observée

Distance horizontale entre deux courbes de niveau

Pour un sol susceptible d’être érodé

Pour un sol qui ne peut être facilement érodé

2%

20m

40m

5%

15m

22m

10%

10m

16m

15%

9m

14m

20%

8m

13m

25%

6m

10m

30%

5m

9m

Nb

4m

8m

40- 100%

3m

7m

Source : Agenda Agricole du Rwanda, 2002

- La Méthode de fossés discontinus:

Les fossés discontinus sont des dispositifs creusés au niveau de la courbe de niveau en vue de recueillir l’eau du ruissellement et de l’infiltration dans le sol pour maintenir l’humidité des sols et ainsi faciliter le développement des cultures pendant une longue période.

La bonne terre lessivée est retenue dans le fossé et sert pour fertiliser les champs. Ces fossés sont creusés au niveau de la courbe de dimensions de 5 cm de longueur sur 50 cm de largeur et 50 cm de profondeur.

Les fossés sont séparés par une bande de garde de 50 cm de longueur sur laquelle on peut cultiver des plantes fixatrices du sol. De part et d’autres du fossé, on garde un espace de 20 cm sur lequel on cultivera les herbes fixatrices du sol (ex. Vetiveria zizanoides, Tripsacum laxum) et des arbustes antiérosifs et fertilisants du sol (ex. Calliandra callothyrsus, Leucaena leucocephala, Senna spectabilis, Tithonia diversifolia).

Ces cultures se font en quinconce.

Sur des fortes pentes érodées on pourra creuser un fossé de garde, plus grand (8 m de long x 80 cm de largeur et 1 m de profondeur). Si un fossé reçoit plus d’eau que les autres, on installera un petit canal de communication par la bande de garde. Ceci limite les risques des débordements d’eau dans les fossés.

Cette méthode est seulement antiérosive pour la rétention des eaux de ruissellement et elle exigerait beaucoup d’effort physique une grande participation communautaire pour sa réussite.

FOSSES DISCONTINUS

Operation

Exigences techniques

Materiel necessaries

0

Installation chantier (Pancarte site)

Pancarte site

Triplex, peinture à huile, clous

1

Piquetage des courbes de niveau (Equidistance selon (la pente*)

Equidistance selon la pente

Planche à pente, niveau à eau, corde, ruban métrique, GPS, piquets en bois

2

Creusement fossés anti-érosifs discontinus (FAE)

Dimensions : 5m x 0.5 m x 0.50 m

Cloison de 50cm, rabaissée de 10cm

-dépôt de terre en amont du FAE

Bêches, houes, ficelles, ruban métrique

3

Labour bande de plantation

30cm largeur et 30cm profondeur

Houes,

4

Plantation des herbes fixatrices

-Bouture de 3 noeuds

-écartement : 30cm sur ligne

Matériel végétal (boutures de Pennisetum et de Tripsacum)

5

Transport, trouaison, plantation arbres, arbustes agroforestiers

- Planter à 30cm en amont de la ligne d’herbes fixatrices

-écartement sur ligne: 5m entre arbres et 0.5m entre arbustes

- sachets à récupérer et rassembler en un seul endroit

Plants issus des pépinières installées sur les sites

6

Entretien

Sensibilisation et encadrement de la population bénéficiaire pour l’entretien (sarclo-binage) et la protection des jeunes plants


La culture des haies antiérosive est plus pratique et plus simple et rentable dans la mesure où elle est à la fois antiérosive et fertilisante des sols; améliorant même la composition chimique des sols pauvres.

Installation des Haies :

Les haies sont des lignes d’herbes, d’arbustes ou mixtes, disposées sur les courbes de niveau avec des écartements variables selon la pente.

Les haies doivent couvrir toute la superficie exposée à l’érosion. Lorsque la pente est forte, on doit réduire l’écartement entre une haie et la suivante.

La haie freine le ruissellement, la bonne terre s’arrête et s’accumule au-dessus de la haie même.

Avec le temps, l’accumulation de la terre contribue à la formation progressivement d’une terrasse.

La haie des graminées et des légumineuses devra servir pour l’alimentation du bétail.

On peut intervenir avec des reboisements surtout au sommet des collines, sur des sols trop dégradés impropres à l’agriculture et sur les pentes très fortes.

Pour installer une haie, labourez d’abord une bande d’environ 60 cm de large sur la courbe de niveau.

Ensuite placer des éclats d’herbes fixatrices comme le Setaria, Tripsacum, Vetiver ou d’autres herbes fixatrices en quinconce sur 2 rangées.

Pour le Setaria les distances sont de 20 cm ; pour le Tripsacum de 40 cm.

Il est préférable de constituer des haies mixtes en vue de prévenir les déperditions par les maladies; ainsi il convient de sémer au même moment des arbustes comme (Calliandra callothyrsus, Leuceana leucocephala,…) avec un écartement de 20 cm – 40 cm, au-dessus de la ligne d’herbes.

On peut aussi intégrer des arbustes sur les haies, tells que Grevillea robusta, Cedrella serrata, Acrocarpus fraxinifolius, Markhamia lutea.

Dans les conditions locales, les plantes qui conviennent mieux sont celles qui contribueraient à augmenter le pH du sol et aussi à fixer l’azote dans le sol, notamment Calliandra callothyrsus, Cedrella serrata, Vetiver zizanoides, Senna spectabilis, Markhamia lutea.

On peut aussi intégrer les arbres sur les haies, ou dans les champs de culture: là on développe l’Agriculture durable.



CHAPITRE
3. LES TECHNIQUES DE REBOISEMENT


3.1. L’AGRICULTURE DURABLE

L’Agriculture durable consiste à réduire les fortes pressions imposées aux forêts pour la recherche de nouveaux champs par abattages des essences forestières et le feu. C’est un système qui présente es avantages suivants:

  • Minimiser les dépenses de l’énergie corporelle pour la recherche de nouveaux champs à cultiver; il suffit de préparer un terrain une seule fois et pour toujours.

  • Permettre aux forêts de régénérer et alors favoriser la sauvegarde des forêts.

  • Produire sa nourriture et des médicaments sur un même lieu.


Les principes de base de l’agriculture durable reposent sur l’intégration de l’agroforesterie au système agricole par la culture des hais antiérosives et fertilisantes à base des essences légumineuses, à croissance rapide comme Calliandra callothyrsus, Leucaena leucocephala, Cajanus cajana, Senna spectabilis, Milletia dura, Sesbania sesban,...

Les essences légumineuses ont les avantages de : - Fixer l’azote dans le sol pour la fertilisation - Arrêter les érosions par l’eau de pluies par leur système racinaire pivotant - Tirer l’eau des fonds du sol et la disponibiliser à sa surface pour la croissance des cultures.

Après le deuxième labour, diviser le terrain en plates-bandes à partir de l’extrémité supérieure et semer d’abord les graines de ces légumineuses, sur une même ligne à la distance de 60 cm l’une de l’autre, de manière à constituer une haie. Les haies sont distantes l’une de l’autre de 5 m. L’espace cultivable entre les haies est la plate-bande sur laquelle on cultive les maniocs, les arachides, maïs, courge,… en association culturale.

On devra tailler régulièrement les haies et le feuillage sera mis en terme directement comme engrais vert. La diminution de l’ombrage facilitera la croissance des cultures.

L’avantage pour ce système est qu’aussi le sarclage et la récolte deviennent plus faciles à effectuer. Le champ se fertilise aussi; seul et le pH du sol se modifie progressivement.

L’on consacre plus de temps sur des superficies agricoles plus proches et rentables que dans les pertes d’énergie pour chercher de nouveaux champs.

Sur les côtés des extrémités du champ, on peut alors faire croître les arbres fruitiers (avocatiers, citronniers,…), des arbres de grande valeur économique comme Tamarindus indica, Moringa oleifera,…


3.2. L’INTEGRATION DES ARBRES

Les arbres à intégrer sont exactement ceux-là qui peuvent contribuer à améliorer les qualités des sols tropicaux, les rendant utiles pour supporter une végétation et augmenter la biodiversité. Ce sont aussi des arbres strictement adaptées aux conditions géo-climatique du milieu, présentant alors une croissance optimale.

Ces arbres doivent remplir les critères suivants :

Critères Prioritaires:


1) un enracinement pivotant/profond (et un tronc unique) pour -ramener les éléments lessivés à la surface - augmenter la stabilité du sol et -diminuer la compétition avec les espèces du sous-bois

2) Un feuillage dense avec une vitesse de minéralisation moyenne (riche en lignines et phénols) pour – le stockage du carbone et - contribuer à la qualité chimique et physique du sol

3) Un pouvoir de vivre en interaction avec les mycorhizes (absorption du phosphore) et avec rhizobium (fixation biologique de l’azote) pour - améliorer la disponibilité des éléments nutritifs aux cultures - augmenter la quantité de la matière organique du sol

4) une vitesse de croissance relativement rapide pour avoir les effets souhaités le plus vite possible

5) Un bon pouvoir de régénération et généralement indigène ou originaire des pays tropicaux

(5) une aptitude pour produire du bon bois de chauffe pour mieux diversifier les sources des revenus et répondre aux besoins divers


Des espèces des familles diversifiées sont à considérer, incluant des arbres insectifuges (famille des Méliacées) des fertilisants (groupe des Légumineuses, les Bignoniaceae, les Moraceae,…). Il s’agit aussi des espèces qui régénèrent facilement.


Distribution des espèces d’arbres suivant leurs adaptations en altitudes

Hautes altitudes (> 1500 m)

Basses altitudes (<1000 m)

Acrocarpus fraxinifolius

Acrocarpus fraxinifolius

Albizia grandibracteata

Albizia lebbeck

Maesopsis eminii

Terminalia spp

Podocarpus millanjianus

Cedrella odorata

Persea americana

Delonix regia

Grevillea robusta

Leucaena Glauca

Senna (Cassia) spectabilis

Mangifera indica

Pinus patula ( exotique)

Senna (Cassia) spectabilis

Acacia auriculiformis

Parkia bicolor

Acacia mearsnii

Tamarindus indica

Markhamia lutea

Acacia auriculiformis


Senna siamea


Uapaca angolense



Le plan de reboisement se fait suivant des étapes bien précises ;

    1. Choix de la station

La station à installer doit au départ être cartographiée et caractérisée, pour mieux planifier les types d’aménagement nécessaire et le niveau d’implication de la population (étude de base). Les coordonnées géographiques (longitude, latitude, altitude, la nature géo-climatique du sol), la photographie, l’historique du site doivent être prises en compte.

Des réunions préparatoires doivent être tenues avec la population riveraine pour limiter les dégâts liées aux causes anthropiques.

    1. La Formation des pépinièristes

Cette formation est cruciale. Le pépiniériste est la personne qui s’occupe de la plantation des arbres depuis le semis de graines en germoirs jusqu’à la mise plantation définitive. Les pépiniéristes ont une charge bien claire (entretien des plantules depuis la germination jusqu’à la plantation définitive), et ont souvent un salaire mensuel.

Son rôle est très important car c’est de lui que dépend la réussite d’une reforestation. « Le pépiniériste est pour la forêt ce que la sage-femme est pour une femme ». Ainsi les pépiniéristes sont engagés à temps plein et doivent jouer quatre rôles majeurs selon que la plantation est communautaire ou individuelle:

  1. Surveillance, entretien et monitoring de l’évolution des plantules du germoir jusqu'à la plantation définitive ;

  2. Education et échanges pour la mobilisation des masses autour de l’appropriation des acquis du projet et la contribution dans la réalisation de certaines tâches pré ou post-plantations (curage des fossés, transport des plantules sur les sites d’implantation, coupe-feu, protection des plantules contre les voleurs occasionnels ou la divagation des animaux,… ;

  3. Contact permanent avec les comités locaux de développement et planification des activités hebdomadaires des tâches ;

  4. Traçage des courbes de niveau à l’aide des triangles à pente et curage des fosses continues et discontinues

    1. Préparation du germoir

Le germoir est le lieu indiqué pour assurer le développement optimal des graines semées pour devenir plantules propres au reboisement. Ce lieu doit être bien enrichi en nutriments et toujours humide et aéré pour assurer une bonne croissance des graines. Le substrat du germoir se compose d’un mélange de bonne terre et de compost ou humus bien découpé débarrassé des pierres, morceaux de bois ou autres objets pouvant déformer les jeunes racines. On peut aussi mélanger 4 mesures de terre fine, 2 mesures de sable et 1 mesure de vieux fumier. La hauteur minimale de la superficie enrichie doit être bien supérieure à 25 cm offrant ainsi des nutriments (NPK) nécessaires et suffisante.


Le germoir est l’ensemble des plates-bandes aménagées suivant la prévision de la production en plantules. Ces Plate bandes ont des dimensions de 1,20 sur 5-10 m suivant les besoins. Le sol du germoir doit être bien enrichi en terreaux et meuble afin de favoriser la levée des semences. On doit prévoir un endroit pour les germoirs et un ombrage épais à la hauteur de 1,20 m environ. Le germoir permet d’assurer la germination des semis dans un espace réduit, semis que l’on repiquera ensuite dans les sachets ou en pleine terre. Le germoir sera placé dans un endroit bien draîné, près d’un point d’eau. Il doit être orienté dans le sens opposé aux lever et coucher du soleil en vue d’éviter les tropismes des plantules. Il faut prévoir une ombrières, qui doit être maintenue pendant toute la durée d’élevage des plantules en germoir.

Le germoir est constitué d’une bande de terre plate, légèrement surélevée, avec une largeur de 1,20 – 1,50 m et une longueur variable selon le nombre de plantules qu’on veut produire. Cette bande de terre est appelée Plate-bande. Les plates-bandes sont séparées par un sentier de 40 – 60 cm de largeur.

5 – 10 m

1,20m


Allée

Platebande Sillon de semis

Le choix du site du germoir doit suivre les critères suivants :


        • Le terrain doit être plat pour ne pas demander beaucoup des moyens pour le coffrage de plate -bande;

        • Le terrain doit être bien drainé; ne pas contenir trop d’eau, ce qui favorise les attaques des maladies fongiques ;

        • Le terrain doit être sécurisé afin d’éviter la destruction des plantules par les bêtes ;

        • Le site de la pépinière doit être proche d’un point d’eau, afin de faciliter les travaux d’arrosage ;

        • On doit s’assurer que la source ne tarisse pas en saison sèche,

        • Le site doit être aéré et moins ombragé;

        • Le site doit être également accessible et posséder une superficie convenable;


    1. TRAITEMENT DES GRAINES AVANT LE SEMIS

Une graine comprend une enveloppe externe qui couvre l’embryon et appelé tégument. Le tégument est naturellement perméable par l’eau.

Certaines variétés de plantes ont des graines aux téguments coriaces.

Suivant la nature du tégument des graines, le traitement des graines avant le semis est variable.

1. Traitement à l’eau chaude: ceci est favorables aux semences des Mimosaceae: Leucaena leucocephala, Senna spp, Albizia spp, Calliandra callothyrsus,...

Ce sont des graines dont le tégument est induré et presque imperméable pour l’eau.

  • Porter à l’ébullition pendant 5 minutes un volume d’eau égal à dix fois le volume de graines à traiter.

  • Rétirer la casserole du feu et laisser reposer pendant cinq minutes sans couvrir.

  • Jeter dans la casserole les graines en remuant légèrement avec un baton.

  • Laisser reposer les graines dans cette eau pendant 24 heures après avoir couvert le récipient.



2. Traitement au soleil: cas des graines au tégument facilement perméable à l’eau: Grevillea robusta, Markhamia lutea, Cedrella serrata, Moringa oleifera,…

Avant de semer, étaler les graines sur un sac et les exposer au soleil pendant deux heures. Procéder donc au sémi direct.

3. Stratification des graines dans le sable ou la compostière: Cette technique est utilisée pour les graines dont l’embyon est englouti dans une grande couche d’huile. Cas de Maesopsis eminii, Podocarpus usambarensis, Persea americana,...

Déposer les graines sur un compost chaud ou une couche de sable, puis recouvrir d’une légère couche de terre ou de sable. On arose régulièrement pendant 15-20 jours avant de semer en germoir.

Aussi, on peut plonger les graines de Maesopsis eminii ou Podocarpus usambarensis/millanjianus dans l’eau pendant 15 jours avant le semis. Le trempage dans l’eau sert pour ramollir la coque dure.

    1. LE SEMIS

Le semis se fait en ligne ou à la volée et peut être direct ou indirect. Le semis en ligne est plus préférable que le semis à la volée car ce dernier occasionne le gaspillage des semences et complique les travaux de sarclage. Le semis est fait dans des sillons traces dans le sens de la largeur de la plate bande. Les sillons sont distants de 5-10 cm.

Le semis direct se fait directement soit en germoirs ou dans les sachets ; dans ce cas le stade de repiquage n’existe pas. Après le semis, les semences sont recouvertes d’une petite couche de terre.


L’arrosage doit être régulier matin et soir, en raison de trois fois par semaine, en saison sèche ; et une fois par semaine en saison de pluies.

Trop d’eau entraine des infestations fongiques, et peu d’eau entraîne le flétrissement des plantules. L’arrosage se fait au niveau du sol et pas sur les plantules. Le nombre d’arrosoirs d’eau nécessaire pour imbiber un germoir de 5 m x 1,20 m varient de 4 à 6 arrosoirs par application. Le sarclage doit intervenir à temps car exécuté avec retard, il occasionne des pertes des plantules et de temps.



    1. LA PEPINIERE FORESTIERE

C’est un ensemble des plate bandes 1,20 cm de largeur sur 10-20 m de longueur. Elle doit avoir aussi une très bonne terre enrichie et bien ameublie. Sur ces plates bandes sont repiquées les plantules provenant du germoir et ayant un âge convenable entre trois semaines et 30 jours.

La pépinière forestière est destinée à recevoir des jeunes plantules pour les préparer vers la transplantation.

La pépinière doit être:

  • facilement accessible

  • à l’abri des vents, dans un endroit bien exposé au soleil

  • à proximité des sites d’approvisionnement d’eau

  • dans un terrain riche, un sol profond et avec une pente réduite

  • à proximité des sites à reboiser.





LE REPIQUAGE EN SACHET DES PLANTULES PRODUITS EN GERMOIR

Le repiquage des plantules se fait dans des sachets en polyéthylène, ou aussi dans des sachets dument préparés pour cette fin.

Les sachets doivent être préalablement remplis avec un bon mélange de terre et du compost, bien drainé, compacté et arrosé avant le repiquage afin que la terre soit bien humide.

Les sachets remplis doivent être rangés en ordre, verticalement et en lignes sur des aires rectangulaires, sans s’appuyer les uns contre les autres. A l’aide d’un bâton ou d’un doigt, on fait un trou de 5 cm de profondeur au centre du sachet.

On arrose abondamment le germoir quelques heures avant d’extraire les semis. Ensuite, soulevez délicatement les plantules à l’aide d’une lame de couteau pour les extraire du germoir.

Si les racines sont trop développées, il faut les couper pour développer des nouvelles racines et réduire la perte en eau. C’est le cernage. Si les feuilles sont nombreuses on réduit le nombre de bas vers le haut en vue de réduire, ainsi les pertes excessives en eau.

Insérer la racine dans le trou, placer la plantule bien droite et refermer en appuyant légèrement la terre à côté.

Arroser immédiatement les sachets et disposer l’ombrière, avec même une natte ou avec les feuilles de bananier, laissant la lumière au milieu de la journée.

Les sachets seront placés côte à côte de manière verticale en vue de recevoir le maximum de luminosité.

Les graines de certaines essences forestières ne germent pas facilement. Alors il faut récolter les jeunes pousses en milieu naturel et les mettre en germoir puis en pot. Cas de Treculia africana.

Un bon plant doit avoir les âges suivants avant le repiquage et la transplantation.



    1. TRAVAUX D’ENTRETIEN DANS LES GERMOIRS ET PEPINIERES

Les travaux d’entretien dans un germoir et dans une pépinière se limitent au sarclage, à l’entretien de l’ombrière, à l’arrosage et au traitement phytosanitaire en d’attaque des maladies ou d’insectes. En cas d’attaque des maladies ou d’insectes l’utilisation des produits locaux est plus conseillée.


INSECTICIDES LOCALES UTILISES ;

RECETTE 1

Prendre deux poignées des feuilles de Tithonia diversifolia

Deux poignées de feuilles de Tetradenia riparia

Dix cuillères à soupe de poudre de piment , broyer le mélange et faire chauffer dans 5 litre d’eau

Filtre le mélange, ajouter 10 cuillères à soupe de cendre ; diluer le tout dans 5 litres d’eau, mettre dans l’arrosoir et arroser les plants .

RECETTE 2 : RECOLTER deux poignées de feuilles de Vernonia amygdalina, deux poignées de feuilles de Tetradenia riparia et deux cuillères à soupe de poudre de piment ; broyer ensemble et ajouter 1 litre d’urine de vache. Diluer dans 5 litre d’eau , mettre dans l’arrosoir et asperger les plants malades.

RECETTE 3. Les produits phytosanitaires modernes comme le malathion,

AMENAGEMENT DES OMBRIERES

Les ombrières ont pour rôle de protéger les jeunes plantules contre les rayons solaires directs. En effet, Ces rayons solaires provoquent une grande évaporation brusque de l’eau du sol et occasionnent la mort des plantules ou des plants en pépinière. Les supports de l’ombrière ont une hauteur de 120 cm avec des traverses permettant d’étaler des feuilles de bananier sèches, ou les chaumes de Hyparrhenia spp, de roseaux,… ou autres herbes destinées à créer l’ombrage.

L’ombrière doit être bien réglée pour laisser passer un peu de lumière solaire utile pour la photosynthèse. Avec trop ombrage, il se développe beaucoup fragilité chez les plantules dans les germoirs et pépinières, et les plantules peuvent filer par phototropisme.



OMBRIERE

120 cm


Plate- bande

Ligne de semis

± 5 m

En résumé, Technique de préparation et culture des semences.

Espèces

Traitement

Germination

Mise en sachet

Transplantation

Exigences

Calliandra calothyrsus

Eau chaude

4 jours

10 cm

(1 mois)

3 mois


Leucaena

Eau chaude

4 jours

10 cm (1 mois)

3 mois


Senna spectabilis

Eau chaude

4 jours

10 cm

(1 mois)

3 mois


Cedrella serrata

Au soleil

6-8 jours

3 semaines

3 mois


Grevillea robusta

Au soleil

6-12 jours

< 5 cm

2 mois

Beaucoup

Maesopsis eminii

Trempage


1 mois

2 semaines

3 mois

Beaucoup

Markhamia lutea

Aucune

6-12 jours

1 mois

3 mois


Podocarpus

Trempage

1 mois

3 semaines

3 mois

Beaucoup

Prunus salasii

Au soleil

10 jours

1 mois

3 mois


Moringa oleifera

Aucun

4-7 jours

1 semaine

3 semaines

Beaucoup

Albizia spp.

Eau chaude

4 jours

10 cm (1 mois)

3 mois

Beaucoup

Pinus patula

Aucun

6-8 jours

3 semaines

3 mois


Beaucoup



3.11. MATERIELS NECESSAIRES ET EQUIPEMENTS

Pour aménager et conduire une pépinière les matériels et équipements suivants sont nécessaires ;

Les houes, les tridents, les machettes, les râteaux les arrosoirs  la brouette les sachets de repiquage, une corde ou ficelle, un fût vide pour le stockage de l’eau, des sticks pour la construction des ombrières, un mètre ruban, les bèches, les binettes, des produits phytosanitaires et la paille.


3.12. MISE EN PLANTATION DEFINITIVE SUR TERRAIN


La Trouaison:

Le nombre de trous à fixer correspond exactement au nombre d’arbres à planter. Le nombre d’arbres par hectare correspond à la formule:

Nombre d’arbres par hectare = 10000m2/écartement (m2)

Exemple si l’écartement est de 4 m x 4 m, le nombre d’arbres qu’il faut planifier sur l’hectare est de 10000/16 = 625 arbres soient aussi 627 trous

Cinq jours avant la transplantation, creuser d’abord des trous de 15-40 cm de diamètre 2-3 jours avant la plantation et les remplir d’eau: ceci permet l’accumulation de l’eau et des particules fines dans le trou. Les trous peuvent être couverts de paille pour le maintien de l’humidité. Avant de mettre les plantules dans le trou, il faut d’abord remettre un peu de bonne terre et du composte pour favoriser le développement des racines.

Les plantules sont déposées dans leur sachet à côté du trou. Couper le quart du fond du sachet avec une lame de rasoir. Puis enlever lentement la partie inférieure du fond du sachet.

C’est aussi possible de retirer avec précaution le plant et son terreau du sachet pour réutiliser les mêmes sachets (nettoyés) à la campagne suivante (c’est plus écologique).

Déposer le plant dans le trou avec la partie restante du sachet. Dès que le plant est soigneusement déposé dans le trou, enlever la partie du sachet restée en le tenant sur les extrémités supérieures.

Tasser la terre autour du plant supprimer les poches vides d’air.

Les arbres qui se produisent facilement par boutures (Moringa oleifera, Melia azedarach, Morus nigra, les bambous…) sont débranchés au niveau des ramifications de deuxième et troisième niveaux et les branches sont semées directement au début de la saison de pluies.

La maitrise de la technique de plantation des plants permet d’augmenter les chances de réussite. Nous devons connaitre les soins à donner aux plants avant la plantation. Nous devons être sur que notre site de plantation est prêt

Les trous de plantation doivent être préalablement préparés deux semaines avant. Les dimensions de trous doivent être de 40 sur 40 cm.

En cas de plantation à racines nues les plants doivent être arrosés avant l’arrachage afin de ne pas endommager les racines.

L’habillage de plants doit être convenable afin d’éviter une grande perte en eau de plants par transpiration.

L’habillage va donc consister à réduire le nombre de feuilles ainsi que la longueur des racines. Les trous bien préparés augmentent aussi la chance d’une bonne reprise de plants.

Les plants sont mis verticalement dans les trous et non obliquement. Il faut bien choisir les plants avant la plantation; commencer avec les plants vigoureux et sans malformation.

Les plants vigoureux reprennent facilement que les plants malingres. La terre doit être bien tassée autour du plant pour une bonne reprise.


3.13. ENTRETIEN DES ARBRES

La mise en place doit se faire en pleine saison de pluies, entre septembre et octobre. Un suivi régulier des plants plantes est recommandable ainsi que le sarclage. Il est important de remplacer les plants desséchés. Le remplacement se fait 3 semaines après la plantation. Il est aussi important de sarcler autour de plants dans un rayon de 30 cm en vue d’éliminer les herbes envahissantes (ring-weeding). Le sarclage doit se faire à la main pour les jeunes plants. Une petite construction en sticks peut être faite autour du jeunes plant en vue de les la protection contre le piétinement, le broutage par les animaux en divagation. Cette construction sera enduite avec les selles de chèvre en vue de protéger contre le broutage des chèvres : l’entretien du coupe feu est très important contre le feu de brousse.

Les paramètres ci-après nous permettent d’estimer la main d’œuvre nécessaire pour la plantation des arbres

 Opération

Unité

Rendement Homme/J

piquetage

Piquet

110

trouaison

trou

30

Ensachage

sachets

100

Transport et plantation

Plant

70

Entretien en plantation

plant

70



3.14. Planning des travaux de reboisement

Activités

Mois

juill

août

sept

oct

Nov

Ja

Ma

Av

Mai

Juin

1. Dégagement terrain

----









--



2. Premier labour

----









--



3. Deuxième labour

----









--



4. Aménagement plates bandes

----










----


5. Construction de plates bandes

----










----


6. Confection ombrière

----

----











7. Semis en germoir

----

-----









----

----

8. Entretien germoir

----

-----

----

---







----

----

9. Achat des plantules, transport et plantation



----

---

----








9. Remplissage des sachets


-----

----










10. Repiquage



----

---









11. Entretien pépinière - gardiennage



----

---

----

---







12. Trouasion




---

----

---







13. Transplantation





----

---

---






14. Tracage des courbes de niveaux et piquetage pour les fossés


-----

----

---

----








15. Creusages des fossés



----

---

----








16. Plantation des haies vives





----

---

---






3.15. DES ESPECES A INTEGRER ET USAGES


Espèces

INTERET ET USAGES


1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

11

12

13

14

15

16

17

18

19

Acrocarpus fraxinifolius

X

X

X

X

X

X








X




X


Albizia gummifera

X

X


X



X

X


X

X

X


X



X

X


Cajanus cajan

X








X

X

X

X


X

X





Calliandra callothyrus

X

X



X

X

X


X

X

X

X

X

X

X

X


X

X

Senna spectabilis

X

X

X

X

X

X


X


X




X


X


X


Cedrella serrata

X

X

X

X

X

X


X


X




X


X


X


Entandrophragma excelsa

X

X

X

X



X

X



X



X




X


Grevillea robusta

X

X

X

X

X

X


X




X


X


X


X


Ficus vallis-choudae

X





X

X

X

X

X

X



X

X

X

X



Leucaena leucocephala

X

X



X

X

X



X

X

X


X

X

X



X

Maesopsis eminii

X


X

X




X

X


X





X

X

X


Markhamia lutea

X

X

X

X

X

X

X

X



X

X


X


X


X


Morus alba

X





X



X

X




X


X




Prodocarpus usambarensis

X

X

X

X




X






X




X

X

Treculia africana

X

X





X


X

X

X









Moringa oleifera

X









X

X

X


X


X




Pinus patula

X



X






X


X


X






Erythrina abyssinica





X


X

X


X

X

X

X

X

X

X

X


X


Légende : 1. Bois de feu, 2. Charbon de bois, 3. Construction massive, 4. Menuiserie, caisserie, ebénisterie, 5. Construction légère 6. Perches, tuteurs ; 7. Outils ; 8. Ustensiles de cuisine, artisanat, instruments de musique, sculpture ; 9. Aliments (fruits, feuilles) 10. Fourrage (fruits feuilles, jeunes pousses, tourteau de graines) 11. Médicaments, poison 12. Fleurs mellifères, arbre support de ruche ; 13. Gomme, résine, tanins, colorants, latex, sels minéraux ; 14. Conservation du sol (bon enracinement, production abondante de litière, etc,… ; 15. Amélioration du sol (fixation d’azote) ; 16. Délimitation de parcelle, brise vent, pares – feu, clôture ; 17. Culte et cérémonie traditionnels ; 18. Ornement ; 19. Divers (allumettes, fibres, huile de savon, pâte à papier)



Chap. 
4 : CREATION ET ENTRETIEN D’UN VERGER

1. Definition d’un verger

D’une manière générale, on appelle verger la production des fruits par la culture des arbres ou des plantes fruitières ou tout simplement une plantation d’arbres fruitiers.

2. Conditions d’installation d’un verger

On n’installe pas un verger dans le simple plaisir d’en avoir, mais son installation implique un certain nombre de préalable à savoir: études socio-économiques, choix du site de plantation et choix de système de plantation.

Etudes socio-économiques

Pour qu’on installe un verger, il faut faire d’avance ce qu’on appelle « étude socio-économique » qui doit permettre d’examiner :

  • les dimensions du verger ou champs de fruits afin d’estimer la quantité totale à produire/ha et par an.

  • Espèce des fruits : connaître les fruits les plus demandés dans le milieu.

  • Le climat doit être favorable à l’espèce envisagée à cultiver

Par rapport toujours au marché (local, sous régional, national ou international). Il faut :

- connaître et estimer la quantité que ce marché est à mesure de consommer journalièrement ;

- tenir compte des concurrences des importations : si votre produit va concurrencer celui de même espèce que l’on importe (en qualité et en quantité)

Choix du lieu ou du site d’implantation

Par rapport au lieu /site d’implantation de votre verger, les éléments suivants servent de guide :

-la disponibilité de terres : on doit se rassurer si le lieu d’installation d’un verger est suffisant de superficie que l’on veut exploiter (en dizaine ou centaine d’hectare). Dans le même angle connaître le prix d’achat de terres si ces dernières coûtent bon marché (moins chères).

- La disponibilité de la main d’œuvre : étant donné que l’installation d’un verger demande une main d’œuvre abondante ; se rassurer s’il y en a pour qu’on ne soit pas bloqué par manque de travailleurs.

-Le Climat et sol : il faut avoir toutes les données climatiques afin de bien choisir les variétés ou les espèces qui conviennent le mieux après analyse du sol et même de la topographie pour prévenir les systèmes de luttes antiérosives ou brises-vents (haies vives), etc.

-Aspect irrigation : cet aspect est important pour ne pas être soumis aux perturbations climatiques sur le milieu qui seraient dues aux irrégularités des pluies. Le type d’irrigation sera fonction du type de relief du terrain (arrosage, rigole, déversement, etc).

-Antécédents culturaux : il est conseillé de connaître les cultures qui ont précédé sur le terrain non seulement pour permettre de planifier les types de travaux à y effectuer, mais aussi de choisir les espèces qui conviennent.


Choix du système de plantation

Toujours dans l’objectif de satisfaire le marché, il faut connaître d’avance si on pratiquera la monoculture ou la polyculture. Cela permettra de suivre le choix entre le système de plantation de verger :

  • Verger extensif : qui a 80 à 150 arbres/ha

  • Verger semi-extensif : qui a 200 à 400 arbres/ha

  • Verger semi-intensif : qui a 1000 à 1500 arbres/ha

  • Verger intensif qui a plus de 1500 arbres/ha (2500 à 3000arbres/ha).


3. INSTALLATION DU VERGER

3.1 Préparation du terrain

Il faut procéder à la division du terrain en parcelle rectangulaire, prévoir aussi les route d’exploitation. Les parcelles seront grande et selon la disponibilité du terrain et l’étendue du verger. Pour le terrain en pente, il faut prendre des mesures antiérosives car les arbres fruitiers sont généralement plantés en grand écartement ce qui favorise l’érosion (verger extensif, verger semi-extensif). Si la pente est importante, on construira des petites digues des terres de 15 à 20 cm le long sur courbes de niveau.

Si la pente est plus importante, on conseille d’utiliser des terrasses individuelles en aménageant des plates formes autour de l’arbre. Les plates-formes doivent être inclinées vers la pente.

    1. Plantation proprement dite

Avant d’y arriver, il faut procéder d’abord par quelques activités ou opérations préliminaires à savoir :

  1. Piquetage : c’est une opération qui consiste à pointer et matérialiser à l’aide des piquets le lieu d’emplacements des arbres, les allées et les réseaux d’irrigations. On fait donc des relevées topographiques qui détermineront la disposition des arbres (la façon d’alignement des arbres). Les écartements entre piquets des sites de plantation varient selon les sites de plantation et l’espèce (4mx4m, 5mx5m, 6mx6m, jusqu’à 10mx10m).

  2. Trouaison : c’est l’opération qui consiste à creuser les trous de plantation sur le lieu prévu pour cette activité après le piquetage.

Ces trous sont des dimensions assez larges et varient selon les espèces. Mais d’une manière générale leurs dimensions varient 0,6 m3 à 1m3 càd (0,6m x 1m x 1m à 1m x 1m x 1m)

Cette trouaison a comme importance de permettre aux racines de tirer les nécessaires pour leur alimentation dans un endroit bien préparer. C’est pour cela que, contrairement à une plantation de reboisement, cette trouaison se fait en principe 2 à 3 ans avant la plantation définitive de sorte que le sol soit bien tassé, ameublie et avec une réserve importante des éléments fertilisants et d’eau pour la croissance des jeunes plants.

  1. Epandage d’engrais :

La plupart d’arbres fruitiers sont des plantes ou arbres exigeants en ce qui concerne la fertilité du sol. Ils demandent d’importante quantité d’engrais notamment pour leur culture. C’est ainsi qu’avant toute plantation, il faut alterner et mélanger les couches de la bouse, fumier, purin compost, humus etc. et mettre dans les trous de plantation.

  1. Préparation du matériel végétal

En principe et dans la plupart de cas, les bons et beaux vergers sont à arbres greffés.

C’est pour cela qu’il faut prendre certaines précautions telles que :

- apprêter les plantules greffées bien avant pour éviter les surprises. il est à noter ici que la préparation des porte-greffes durera plus au moins 6 mois (généralement on prépare un parc a bois ou un champ semencier) et du greffage au sevrage(plant prête à être plantée) aussi plus au moins 6 mois.

e. La plantation proprement dite

L’époque ou la période de plantation doit être en rapport avec le climat du milieu. Pour cela, on choisira comme période de plantation les 1er mois (pluvieux) de la session pluvieuse (septembre, octobre).


4. CONDUITE ET ENTRETIEN D’UN VERGER.

Il n’existe pas de règle universelle de conduite ou d’entretien d’un verger. Ces opérations varient en fonction des conditions climatiques, des objectifs qu’on s’est fixé, de l’espèce, du sol et de système de culture.

4.1. Le sarclage, binage, paillage

Par cette opération l’on sous entend l’enlèvement manuel des mauvaises herbes ; l’émiettement de la surface du sol afin d’aérer le sol et ainsi d’éviter le compactage de se dernier et enfin la couverture des pieds des arbres par la paille appelée aussi le mulching. L’on combine donc 3 activités au même moment à savoir le sarclage, le binage et le paillage.

4.2. La taille

C’est une activité/opération très importante dans la conduite d’un verger.

Elle a comme objectifs de : supprimer du bois mort ; supprimer des branches mal placées ; supprimer des gourmands.


Principaux avantage de la taille :

Stimuler la croissance (les repousses) et de faciliter certaines opérations telles que le traitement phytosanitaires, l’épandage d’engrais ; le passage des engins et la récolte.

Signalons qu’on distingue 2 sortes de taille :

- taille de formation : on vise à donner aux arbres une forme voulue

- taille d’entretien : on vise seulement a se débarrasser des bois mort et autres branches mal placées.

4.3 L’éclaircissement des arbres

Appelé aussi élagage. Il a pour objectif principal de limiter l’effet de concurrence entre les arbres vis à vis de la lumière.

On peut le faire par la pratique de la taille d’entretien, soit par la suppression des certains arbres au cas où l’on avait planté trop dense.

4.4 L’irrigation et le drainage

On pratique l’irrigation quand l’on doit couvrir un déficit hydrique c.à.d une carence en eau de pluie. Tandis qu’on draine le sol lorsqu’on constante une situation inverse c'est-à-dire lorsque le verger connaît les inondations ou des situations d’excès en eau.


Chap. 5. TECHNIQUE DES GREFFAGE

5.1. DEFINIFION DU GREFFAGE 


Le greffage est une technique qui consiste à mettre en contact une portion d’un végétal détaché de la plante mère avec un autre végétal possédant des racines jusqu’à ce qu’il ya soudure entre les deux parties.

Ou tout simplement : une soudure pratiquée entre un sujet de plante qu’on veut améliorer appelé porte greffe et une partie de plante aménagé, de qualités préférées appelée greffon.


5.2. IMPORTANCE ET INCONVENIENTS DU GREFFAGE


5.1. Importance du greffage

 Le greffage permet de:

  • améliorer la qualité dégustative des fruits et le rendement

  • favoriser la croissance (réduire le cycle végétatif)

  • lutter contre les maladies et parasites (augmente la résistance)

  • reproduire un nombre considérable d’individus d’une variété déterminée

  • élargir l’aire de culture de certaines variétés

  • éviter certaines attaques des maladies survenant au collet en utilisant les porte-greffes résistants

  • exploiter toute une gamme de sols par l’intermédiaire de différents porte-greffes

  • varier la vigueur des porte-greffes par l’intermédiaire du sujet

  • multiplier un sujet à plusieurs caractères génétiques


5.2. Inconvenient

  • Le greffage amoindrit la longévité des plantes par rapport à celles issues du semis

  • Il exige des moyens et expérience suffisants


5.3. MATERIELS DE GREFFAGE

Les matériels suivants sont utilisés pour le greffage :

  1. Sécateur: outil utilisé pour couper, tailler des rameaux ou des arbustes

  2. Greffoir : c’est une lame de couteau très tranchant servant de coupe et taille du greffon et porte-greffe

  3. Ficelle en plastique: pour ligaturer le greffon au porte-greffe

  4. Sachet, seau, linge, sacs, etc.

5.4. QUELQUES ARBRES A GREFFER

En général, ce sont les arbres fruitiers qui sont soumis aux techniques de greffage.

Parmi eux, nous avons:

  • Les agrumes : citronniers, orangers, mandariniers, pamplemousse, etc.

  • Les arbres fruitiers: manguiers, avocatiers, goyaviers, pommiers, mûriers


5.5. PRÉALABLES OU CONDITIONS DE REUSSITE DU GREFFAGE

  • Relever les greffons en saison pluvieuse sur les rameaux adultes de l’année issus des arbres sains

  • Couper les greffons sur des rameaux se trouvant dans la zone ensoleillée de l’arbre

  • Conserver les greffons dans le sable humide, ceux-ci étant enterrés débout aux trois quarts de leur longueur dans un lieu ombragé ou un frigo ou linge mouillé.

  • Rassembler les greffons en bottillons et les étiqueter par variété

CONCLUSION

Le déboisement observé partout dans notre pays avec une démographie galopante crée souvent une carence générale de bois, les conditions difficiles de travaux de boisement dans nos régions à forte pente découragent toute initiative de reboisement.

L’importance de travaux des reboisements à entreprendre dépasse les possibilités financières de nos collectivités locales.

Mais il faut cependant, une approche communautaire axée sur l’agroforesterie et le renforcement du secteur agricole


REMERCIEMENT

Nous remercions LHL/Allemagne pour avoir financé la production. Nos remerciements s’adressent aussi particulièrement à Heinz Rothenpieler pour nous avoir accompagnés depuis 2002 pour organiser des formations es pépiniéristes, et aussi organiser des plantations forestières dans les territoires de Mwenga, Walungu et Uvira et aussi de Kalehe.

BIBLIOGRAPHIE

Bekele-Tesemma (Ed.). 2007. Profitable agroforestry innovations for Eastern Africa. Experience from 10 agroclimatic zones of Ethiopia, India, Kenya, Tanzania and Uganda. RELMA/World Agroforestry Centre, Nairobi.

Breman, H. & J.J. Kessler. 1995. Woody plants in agro-ecosystems of semi-arid regions with an emphasis on the Sahelian countries. Springer Verlag, Berlin.

Egli, A. & Kalinganire, A. 1998. Les arbres et arbustes agroforestiers au Rwanda, ISAR, Butare

Molenaar J. W., Kessler J.J. & Breman H., 2008. L’agroforesterie dans le cadre de l’intensification agricole, Aidenvironment. Amsterdam

Nsabimana B., 2008. Conduite et gestion des travaux d’aménagement des bassins versants par l’approche HIMO. Rapport de formation. Projet CATALYST-helpage

Roose, E. and F. Ndayizigiye. 1997. Agroforestry, water and soil fertility management to fight erosion in tropical mountains of Rwanda. Soil Technology 11:109-119.


Roose, E., F. Ndayizigiye, and L. Sekayange. 1993. L’agroforesterie et la G-CES au Rwanda – Comment restaurer la productivité des terres acides dans une

Hendrick H.1996.L’agroforesterie des regions d’altitudes au Burundi, p7

Jean willen M et Jean joost K/IFDC-KIGALI-2008 , Manuel de formation sur l’agroforesterie dans le cadre de l’intensification Agricol.15 et 40-42

Roose, E., F. Ndayizigiye, L. Sekayange, and J. Nsengimana. 1988. La gestion conservatoire de l’eau et la fertilité des sols (G.CES) – Une nouvelle stratégie pour l’intensification de la production et de la restauration de l’environnement en montagne. Bull. Agric. Rwanda 21(4): 264-277.

Verheij, E. 2003. Agroforesterie, Agrodok 16, CTA and Agromisa, Wageningen.


ANNEXE 1: LISTE DES ARBRES, DES ARBUSTES ET DES GRAMINEES RECOMMANDES


Arbres pour l’agroforesterie comme support pour l’intensification agricole


Espèces

Racinement

Biomasse

Couronne

Resistance aux mesures de gestion

Croissance

Vitesse de minéralisation

Fixation N

Absorption P

Climat/altitude

Grevillea

Profonde

Beaucoup

4x4

Bonne

Rapide

Faible


Variable, inferieur à 1800m

Cedrella

Profonde

Petit à moyen

2x2

Mauvaise

Rapide

Moyenne


Variable préférence moins de 1800 m

Maesopsis

Latéral

Beaucoup

6x6

Mauvaise

Rapide

Moyenne


Climat de plateau, altitude ne dépassant pas 1800m de préférence

Markhamia

Profonde

Moyen

4x4

Bonne

Moyenne

Faible


Plateau, altitude ne dépassant pas 1400m

Senna spectabilis

Latéral

Beaucoup

3x3

Mauvaise


Faible


Zones chaudes

Acrocarpus fraxinifolius









Polysias fulva









Arbres et arbustes pour le micro boisement en rotation


Espèces

Vitesse de croissance

Aptitude comme bois de chauffe

Climat/altitude

Calliandra callothyrsus

Rapide

TB, Valeur calorifique:4500 à 4750kcal/kg de bois sec

Variable, 1200m à1500 m d’altitude est préférables

Leucena glauca

Rapide

TB, 4200 à4600 kcal/kg de bois sec

Variable, altitude allant à 2400m

Tephrosia

Rapide

AB, Bois léger

Variable, altitude allant à2500m

Senna spectabilis ou siamea

Rapide

TB, plus de 4600 kcal/kg de bois sec

Chaud, altitude allant à1800m

Acacia mearsnii

Rapide

Très bonne

Chaud, altitude allant à1800m

Acacia auriculiformis

Rapide

TB, plus de 4600 kcal/kg de bois sec

Variable, altitude allant à 2500m


TB=Très bon, AB=Assez bon, B=Bon


Arbres pour le micro boisement permanent


Espèces

Vitesse de croissance

Effet sur la fertilité de sol

Aptitude comme bois de construction

Aptitude comme bois de chauffe

Climat/altitude

Acacia mearsnii

Rapide

Bon

Bonne

Très bonne

Chaud, altitude allant à1800m

Acacia auriculiformis

Rapide

Bon

Bonne

Très bonne

Variable, altitude allant à 2500m

Podocarpus usambarensis

Moyenne

Bon

Bonne

Bonne

Froid, altitude allant à 2500m

Grevillea robusta

Rapide

Bon

Assez bonne

Bonne

Plateau, altitude inferieure à 1800m est préférable.

Casuarina equisetifolia

Moyenne

Dégradant

Bonne

Très bonne

Froid, altitude de plus de 1800m est préférable

Arbustes pour les haïes vives


Espèces

Vitesse de croissance

Fonctions (fourrage, tuteurs, médicinale, huiles)


Vitesse de minéralisation

Resistance aux mesures de gestion

Climat/altitude

Leucaena glauca

Rapide

Fourrage, tuteurs

Moyenne

Bonne

Variable, altitude allant à 2400m

Calliandra calothyrsus

Rapide

Fourrage, tuteurs, mellifère.

Moyenne

Bonne

Variable, 1200 à1500m d’altitude est préférable

Acacia mearsnii

Rapide

Fourrage, tuteurs

Lente

Bonne

Chaud, altitude allant à1800m

Croton megalocarpus

Rapide

tuteurs

Rapide

Bonne

Froid, altitude allant à 2500m

Morus indica

Rapide

Fourrage, médicinale

Rapide

Bonne

Variable

Tetradenia riparia

Rapide

Médicinale

Rapide

Assez bonne

Variable

Senna spectabilis

Rapide

Tuteurs,

Lente

Assez bonne


Tithonia diversifolia

Rapide

Fourrage, médicinales

Très rapide

Très bonne

Variable

Vernonia amygdalina

Rapide

Médicinale

Rapide

Assez bonne

Variable

Jatropha curcas


Huiles végétales, médicaments



Climat chaud

.FICHE GLOBALE DE PRODUCTION DES PLANTULES.

GROUPEMENT LOCALITE NOM DU SITE Coordonnées géographique, Altitude

Espèces

















TOTAL GENERAL







































Total


















FICHE DE SUIVI ET DE RECOLTE DES DONNEES DANS UNE PEPINIERE



Nom de l’Espèce

Date de semis

Date de 1ères levées

% des levées

Date de repiquage

Nombre de plants repiqués

Nombre fanaisons

Causes de fanaisons

Menaces éventuelles

Remarques

1











2











3











3











4











5











6











FICHE DE RENSEIGNEMENT DANS UNE PLANTATION COMMUNAUTAIRE


Site de plantation

Localisation et coordonnées GPS Pente

Superficie

(en Ha)

Type d’arbres/espèces

Nombre total plantées

Hauteur moyenne

Dbh moyene

Nombre restants

% des pertes

Causes majeures des pertes

1















SOUS TOTAL 1










2














SOUS TOTAL











TOTAL GENERAL